Le livre dont vous êtes la victime

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  • Le résumé de Daniel Telliez : Valentin est un jeune garçon sombre et solitaire, fasciné par les vampires. Lorsqu’il pénètre pour la première fois dans la sinistre Librairie du Styx, un livre à la reliure rouge l’attire irrésistiblement. Il l’achète, pour son plus grand malheur. Car à partir de cette nuit, c’est sa propre histoire qui va s’écrire… malgré lui.
  • L’auteur : Arthur Ténor, de son vrai nom Christian Escaffre, est un auteur de livres pour la jeunesse depuis 1998.Ancien instituteur, il présente ses romans à un éditeur qui lui conseille de s’intéresser au jeune public, conseil qu’il suit avec succès. Il est lauréat du Prix Jeunesse du Salon du Livre d’Histoire de Senlis en 2006 pour La Table de feu (éd. Milan) ou encore du prix de la PEEP 2008 pour les Messagères des abysses (Grasset J). Il a publié des romans pour toutes les tranches d’âge et pratiquement dans tous les domaines. Il est cependant plus connu pour ses récits historiques, notamment sur les deux guerres mondiales, Versailles et Louis XIV ou encore le Moyen Âge. Il réside en Bourbonnais, tout près de Vichy.
  • Ce que Daniel Telliez en pense : Contrairement à d’autres livres destinés aux enfants, je n’ai pas eu l’impression cette fois-ci que l’histoire ne m’était pas adressé. En effet, si là encore les héros sont de jeunes ados – ce qui semble naturel pour un roman jeunesse – l’auteur parvient néanmoins à emporter un public plus large. L’inscription de l’histoire dans son contexte ne m’a pas déçu. Pas plus que les descriptions. Les 190 pages du livre y sont sans doute pour quelque chose …Voilà qui change des livres dont vous êtes le héros !
    Le livre qu’a acheté Alex chez un mystérieux libraire a la particularité de s’écrire au fur et à mesure que son lecteur réagit. Faire le bon choix, interpréter correctement les instructions, réaliser son rêve d’aventures… une jolie mise en abymes de la littérature et des échappées belles qu’elle permet !  Dans cette histoire, il y est question d’amour mais aussi d’obéissance envers une dépendance : doit-on oui ou non obéir à celui qui nous guide ? Et si non, y-a-t-il des conséquences ?
    J’ai passé un très bon moment durant cette lecture qui est haletante.
    En conclusion, je dirais qu’en lisant ce livre, vous êtes vous-mêmes victime de ne plus pouvoir le quitter tant qu’il n’est pas terminé !

SANS FIL, COMEDIE TELEPHONIQUE ET DIGITALE

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  • Le résumé de Daniel Telliez : Quatre protagonistes en pleine crise. Sara, récemment quittée, et sa fille Rosa règlent leurs comptes avec cet homme absent. Claudia, femme autoritaire, a substitué le travail à l’amour en assujettissant l’existence de Jan. Ces quatre destins vont se croiser à l’aéroport, cible d’un attentat terroriste. Si le sujet est grave, Sergi Belbel le traite sur le mode de la comédie. Par téléphones portables interposés, la communication est cahotante, les relations évoluent vite : on se parle ou on tente de le faire, en direct ou par messages, l’écran du mobile montre autant qu’il cache. Quoi de plus pratique qu’un sans-fil pour braver les non-dits et faire tomber les masques ? Avec cette  » comédie téléphonique et digitale « , l’auteur de Après la pluie propose une nouvelle pièce brillante où des situations du quotidien, en apparence anodines, révèlent le grotesque et la gravité des relations humaines.
  • L’auteur : Sergi Belbel est un dramaturge espagnol né le 29 mai 1963 à Terrassa en Catalogne. Il devient vraiment connu avec la pièce Caresses en 1992. Une année plus tard il écrit Après la pluie. En Février 2001, le Théâtre des Capucins créait  » Après la Pluie ». En 1994 il écrit Morir. De cette pièce est tirée le film de Ventura Pons Morir (o no), en 2000. Depuis 2006, Sergi Belbel est directeur du Théâtre National Catalan à Barcelone, mais surtout un auteur prolixe dont les pièces se jouent ici et là dans toute l’Europe.
  • Ce que Daniel Telliez en pense :

Extrait : CLAUDIA : Il faut que tu me jettes un coup d’oeil sur les portables dernière génération, ceux qui ne sont pas encore sur le marché. Le mien, c’est une vraie merde. Tu me l’as donné il y a trois mois et il est déjà dépassé. Il y a des tas de choses que mes amies peuvent faire avec les leurs et moi non. IMAGINE UN PEU LA HONTE ! Je ne peux pas me balader avec un machin pareil, tu comprends ça ? J’ai des amies quelconques et pourtant elles ont des téléphones bien meilleures que le mien, et ça, c’est INADMISSIBLE. Bref, tu sais ce qu’il te reste à faire, hein ? Tu m’entends ou pas ? !

Le téléphone, toujours et encore le téléphone, dans cette pièce tout passe par lui et rien ne lui échappe, enfin… presque. Les personnages s’y accrochent comme à une bouée dans un monde qui part à la dérive. le sous-titre de la pièce est assez trompeur, parce qu’il y a peu d’éléments qui prêtent à sourire, ne parlons même pas de rire. Les personnages évoluent dans un espace en transit ou seul ne compte que le déplacement, la circulation : bref, un aéroport international. Dans cette espèce de non-lieu, les personnages sont comme suspendus, l’environnement dans lequel ils évoluent leur est étranger. Tous les quatre n’ont que le smartphone pour exprimer leur désarroi, en parlant parfois à un interlocuteur et souvent à un serveur vocal, en écrivant ou photographiant. Pourtant des relations charnelles existent entre eux : mère/fille et fils/mère. le rythme de la pièce est nerveux plein de télescopages et de syncopes, les erreurs d’interprétations sont nombreuses entraînant une communication sur le mode paranoïaque. Le fil narratif de la pièce est difficile à suivre, car il est fait d’arrêts, de reprises, de superpositions, qui ne sont pas uniquement rendu par le jeu des répliques mais aussi par des indications scéniques nombreuses et fournies. En tout cas, le pari est intéressant : utiliser le grigri technologique emblématique de notre société comme moteur d’une action dramatique. A lire

Trouver une victime

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  • Le résumé de Daniel Telliez : Las Cruces n’avait rien d’une destination touristique. Mais après avoir ramassé sur le bord de la route un auto-stoppeur en sang, qui ne tarde part à mourir, Lew Archer se retrouve coincé là, à attendre l’ouverture de l’enquête. La victime, un employé d’une société de transport appartenant au notable local, s’est fait dérober un camion et sa cargaison d’alcool. Se proposant de remettre la main sur le tout, Archer se lance à la poursuite de la fille du propriétaire, que certains n’hésitent pas à accuser de complicité dans cet étrange vol.
    Dans cette nouvelle enquête, Archer devra naviguer entre arnaques et intrigues conjugales afin de de démêler les fils d’un mystère dans lequel tout le monde est suspect et dont chacun est victime.
  • L’auteur : Kenneth Millar, dit Ross Macdonald, est un écrivain canadien et américain de romans policiers. Il est célèbre pour ses romans dans lesquels figure le détective privé Lew Archer.Il commença sa carrière d’écrivain en adressant des récits aux pulp magazines . C’est pendant ses études à l’Université du Michigan, qu’il acheva son roman The Dark Tunnel, en 1944. Il écrivait alors sous le nom de John Macdonald, pour éviter toute confusion avec sa femme qui écrivait, avec succès, sous le nom de Margaret Millar. Il devint alors John Ross Macdonald, qu’il transforma rapidement en Ross Macdonald, pour cause d’homonymie avec John D. MacDonald. En 1944-46 il est officier chargé de transmissions sur un navire, puis retourne à l’université et en sort diplômé (PhD) en 1951. C’est en 1946 dans la nouvelle Find the Woman que le détective Lew Archer fait sa première apparition. Puis vient le tour du roman The Moving Target, en 1949. En 1964, The Chill (Le Frisson) et The Far Side of the dollar (L’Autre Face du dollar) ont été couronnés par The Crime Writers Association de Grande-Bretagne. The Moving Target (La Cible mouvante) a inspiré le scénario de Harper, film tourné en 1966. Ross Macdonald a été président de l’Association des auteurs de romans policiers de son pays (Mystery Writers of America).
  • Ce que Daniel Telliez en pense : Le livre date de 1954, il n’en dégage pas moins de grandes qualités, ici la psychologie des personnages est soignée, le rythme est soutenu sans être débridé, et les progrès de la science de l’époque évitent de noyer le lecteur sous des pages et des pages de descriptions de scènes de meurtre. L’auteur utilise un langage imagé ou lyrique durant les scènes de transition, ou bien trouve de jolies formules. Tout respire le vieux polar des pionniers du genre dans trouver une victime. Un roman noir qui nous entraîne dans une spirale de retournements, rebondissements et faux-semblants.Une intrigue bien ficelée qui ravira les amateurs de roman noir.

VOLTE FACE

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  • Le résumé de Daniel Telliez : Grand avocat de la défense, Mickey Haller est bien surpris lorsque le procureur du comté de Los Angeles le prie un jour de plaider pour l’accusation. Et l’affaire n’est pas des moindres. Incarcéré depuis vingt-quatre ans pour le meurtre d’une fillette, Jason Jessup vient d’être libéré sous caution, le tribunal ayant conclu à la nécessité d’une révision de son procès suite à un test ADN qui semble l’innocenter. Haller est sûr que Jessup est coupable et prend Harry Bosch comme enquêteur et son ex-épouse, Maggie McPherson, comme assistante. En face de lui, l’avocat Clive Royce, dit «l’astucieux, » et des médias tout excités par ce procès : quoi de plus sensationnel qu’un tueur innocenté par son ADN ?
    À ceci près que Jason Jessup, qui parade devant les médias le jour, se livre à d’étranges activités la nuit.
  • L’auteur : Michael Connelly est né à Philadelphie en 1956. Il travaille comme journaliste à Daytona Beach et Fort Lauderdale (Floride).En 1986, il est le co-auteur d’un article sur les rescapés d’un crash d’avion, qui figure parmi les finalistes pour le Prix Pulitzer, ce qui lui permet de devenir chroniqueur judiciaire pour le Los Angeles Times. Ses reportages sur les émeutes de Los Angeles en 1992 sont également remarqués et reçoivent le Prix Pulitzer (qu’il partage avec d’autres journalistes associés à ses reportages).Il se lance dans la carrière d’écrivain en 1992 avec « Les Égouts de Los Angeles », son premier polar, où l’on découvre le personnage de Harry Bosch, inspecteur du LAPD (Los Angeles Police Department), le héros récurrent de la plupart des romans suivants. Il reçoit pour ce livre le prix Edgar du meilleur premier roman policier. Il abandonne le journalisme en 1994. Il écrit par la suite environ un roman par an, en obtenant régulièrement un succès en librairie. Son roman « Le Poète » reçoit le prix Mystère en 1998 et « Créances de sang » le grand prix de la littérature policière.Parmi les romans ne mettant pas en scène Harry Bosch, « Créance de sang » est adapté au cinéma en 2002 par Clint Eastwood, qui y incarne Terry McCaleb, un ex-agent du FBI. Dans son roman « La Défense Lincoln », il aborde le roman procédural qui lui permet d’utiliser son expérience passée de chroniqueur judiciaire. Ce livre est également adapté au cinéma en 2011, dans un film du même nom avec Matthew McConaughey dans le rôle d’un avocat.
  • Ce que Daniel Telliez en pense : Excellent ! On se retrouve au milieu d’une enquête vue du côté d’un procureur très intéressant, car on apprend plein de choses sur le fonctionnement de la justice américaine.
    L’intrigue met en haleine jusqu’au bout et on ne s’attend pas au rebondissement final. Si vous souhaitez connaitre tous les méandres de la justice américaine et voir jusqu’où les avocats peuvent pousser le vice, ce polar est fait pour vous ! Beaucoup de suspense dans ce roman qui entremêle habilement les coups d théâtre d’un polar riche en émotion avec ceux d’un procès dans lequel tout ne semble qu’habiles manipulations de l’accusation et de la défense.La justice peine à être rendue car elle dépend complètement de l’habileté des avocats en présence. Du grand CONNELY ! J’ai adoré !

PING PONG

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  • Le résumé de Daniel Telliez : Existe-t-il un lien entre un tampax qui attend don heure au fond d’une boîte, un névrosé en proie à des convulsions meurtrières lorsque sa voisine se méprend sur la paternité du célébrissime Kind of Blue de Miles , ou encore un sans-papiers congolais qui fonce vers la mort, des diams plein les poches? A priori, non. Mais ce serait sans compter avec l’imagination de Marc Viallard et de Jean-Bernard Pouy, qui conjuguent leur verve et leur talent dans ce recueil où les textes s’enchaînent selon le principe du « cadavre exquis ». Réuni pour la première fois dans un livre, le duo nous conte la violence et le tragique de ce monde à coups d’ironie grinçante et d’humour décapant.
  • Les auteurs :

Marc Villard a plus d’une corde à son arc: en plus d’être écrivain, il est également concepteur graphique, scénariste et dialoguiste pour le cinéma et la télévision. Il débute en littérature en 1971 avec un recueil de poèmes intitulé « L’ Amer ». Il anime par la suite plusieurs revues avec des amis poètes comme Darnaudet, Messac et Labarrière. En 1981, il publie alternativement un roman noir, « Légitime démence », un premier recueil de nouvelles, « Nés pour perdre » et un scénario, « Neige ». Il va s’affirmer comme l’un des meilleurs nouvellistes de sa génération avec trois cents nouvelles écrites. Après plusieurs textes remarqués par leur noirceur, il entre à la « Série noire » en 1984 avec « Ballon mort ». Il a collaboré pendant dix ans au Monde de la musique et a écrit des films pour Cyril Collard, Brigitte Roüan et Juliet Berto. Dans ses nouvelles, ses héros sont presque toujours des victimes de la société qui finissent tragiquement. Depuis plusieurs années, il propose des lectures de ses textes accompagné par des musiciens de jazz: Pierrick Pedron, Eric Le Cardinal, Bernard Lubat, Dominique Delahaye.

Auteur incontournable du roman noir français, inventif et prolifique, Jean-Bernard Pouy a reçu, en 2008, le Grand Prix de l’Humour Noir pour l’ensemble de son œuvre. Défenseur acharné du roman populaire (Prix Paul Féval 1996), il est à l’origine de la création, en 1995, de la série consacrée au personnage Gabriel Lecouvreur, dit Le Poulpe, aux éditions Baleine dont il est l’un des fondateurs. Adepte de l’Oulipo, il pratique assidûment l’écriture à contraintes ; il participe notamment à l’émission « Des Papous dans la tête » sur France Culture. Depuis 2006, il est directeur de collection Suite noire aux Éditions La Branche, qui se veut la digne héritière de la prestigieuse « Série noire » de Gallimard. En 2014, il a été filmé pour l’anthologie cinématographique Cinématon de Gérard Courant. Il est le numéro 2834 de la collection.

  • Ce que Daniel Telliez en pense : Nous voilà donc plongés dans un enchaînement de nouvelles qui se font écho, tel un jeu de ping-pong, comme l’annonce le titre.
    La prouesse et l’intérêt majeur de ce recueil réside bien entendu dans le procédé choisi par les deux auteurs pour le construire ensemble. Un duo parfait.  Les textes sont à la fois drôles et graves et mettent en perspective diverses tranches de vie. du tampax dans sa boîte attendant d’être utilisé, au sportif dopé qui succombe à une overdose, en passant par des supporters du PSG plus que limites ou encore une contrebasse qui passe de main en main. On se laisse embarquer en clandestins dans ces courtes histoires, ces tranches de vie qui nous happent dans une sorte de délice coupable. Une lecture inhabituelle mais vraiment très sympa !

 

TRIBUNAL

Glaçant…

tribunal

  • Le résumé de Daniel Telliez : Marko Kovac, ancien chef d’une unité d’élite de l’armée serbe appelée « les Loups », est incarcéré à La Haye dans l’attente de son procès devant le tribunal pénal international. Il est accusé de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité perpétrés pendant la guerre en Bosnie. Au terme d’une longue enquête, Jasna Brandic, des forces spéciales internationales, a réussi à mettre la main en Albanie sur un témoin capital pour l’accusation. Le jour de l’audition tant attendue par les familles des victimes, rien ne se passe comme prévu. Malgré son découragement et au péril de sa vie, dans une ex-Yougoslavie loin d’être apaisée, Jasna décide de suivre une nouvelle piste pour apporter des preuves irréfutables devant le tribunal.
  • L’auteur : André Georgi est né en 1965 à Copenhague. Il a grandi à Berlin avant d’étudier l’allemand et la philosophie à Fribourg, Berlin et Vienne. Il est l’auteur de nombreux scénarios de séries policières pour la télévision et a également adapté des nouvelles pour le cinéma. Tribunal est son premier roman.
  • Ce que Daniel Telliez en pense : Un premier roman d’une effroyable efficacité, passionnant et glaçant. Pour condamner l’un des pires criminels de guerre encore en vie, Jasna Brandic, enquêtrice des forces spéciales internationales se retrouve confrontée à une décision impossible : faire confiance à un meurtrier de masse en cavale ou risquer de perdre un procès attendu par des milliers de victimes. La première partie est très prenante et nous fait directement rentrer dans l’histoire. L’auteur est également scénariste et ça se sent. Le début est très « visuel », avec un découpage en multiple petites scènes qui donne un rythme insensé. Tribunal expose avec brio les tenants et les aboutissants complexes de la justice internationale et soulève de nombreuses questions, éthiques, historiques, politiques. Un très bo thriller que je recommande.

LE PROCES VERBAL

Prix Renaudot

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  • Le résumé de Daniel Telliez : « Il y avait une petite fois, pendant la canicule, un type qui était assis devant une fenêtre ouverte ; c’était un garçon démesuré, un peu voûtê, et il s’appelait Adam ; Adam Pollo ». Ces lignes sont les premières du Procès verbal. Et le premier dessin du livre montre un type démesuré assis devant une fenêtre ouverte. Pourtant cet homme n’est pas Adam Pollo. C’est un étranger à la recherche de lui-même et du temps où le dessinateur a lu le livre. El où le livre parlait de lui. Ces deux « types » qui ne se connaissent pas vont marcher ensemble, démultipliés dans les tues de la ville. Dans des rues parallèles. Un texte, un dessin, une espèce de dialogue entre un écrivain et un dessinateur. Entre ces deux Adam qui sont le même.
  • L’auteur : J.M.G. Le Clézio est né à Nice le 13 avril 1940. Il est originaire d’une famille de Bretagne émigrée à l’île Maurice au XVIIe siècle. Il a poursuivi des études au collège littéraire universitaire de Nice et est docteur ès lettres. Malgré de nombreux voyages, J. M. G. Le Clézio n’a jamais cessé d’écrire depuis l’âge de sept ou huit ans : poèmes, contes, récits, nouvelles, dont aucun n’avait été publié avant « Le Procès-verbal », son premier roman paru en septembre 1963 et qui obtint le prix Renaudot. Influencée par ses origines familiales mêlées, par ses voyages et par son goût marqué pour les cultures amérindiennes, son œuvre compte une cinquantaine d’ouvrages. En 1980, il a reçu le grand prix Paul-Morand décerné par l’Académie française pour son roman « Désert ». En 2008, l’Académie suédoise a attribué à J. M. G. Le Clézio le prix Nobel de littérature, célébrant « l’écrivain de la rupture, de l’aventure poétique et de l’extase sensuelle, l’explorateur d’une humanité au-delà et en dessous de la civilisation régnante ».
  • Ce que Daniel Telliez en pense : Un livre pour l’époque audacieux et original. Procès verbal est vraiment déroutant. L’auteur joue avec le lecteur, il barre des mots, ne termine pas certaines phrases, invente des articles de journaux, rajoute de la ponctuation inutilement, c’est étonnant. On peut considérer ce roman comme une œuvre de jeunesse. J’y ai senti quelques longueurs induisant un certain ennui à la lecture. Le livre se présente  comme une succession de tableaux, mettant en scène les divagations -errances physiques et intellectuelles- d’Adam Pollo. On avance dans la lecture sans savoir vraiment où elle nous mène. Déroutant !

Brunetti et le mauvais augure

Sans surprise…

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  • Le résumé de Daniel Telliez : Venise, un été de canicule. Le commissaire Brunetti ne rêve que de se retirer dans la fraîcheur des montagnes en famille à l’abri des hordes de touristes quand l’inspecteur Vianello lui confie ses soucis : sa tante, une vieille dame crédule, obsédée par les horoscopes, divinations et prédictions en tous genres, retire de grosses sommes d’argent et il soupçonne un gourou peu scrupuleux de lui extorquer des fonds. Brunetti accepte de lui prêter main-forte et leur enquête informelle les conduit chez le mystérieux Stefano Gorini. Mais leurs efforts tournent court quand un greffier est victime de meurtre, anéantissant les espoirs de Brunetti de passer quelques vacances bien méritées…
  • L’auteur : Donna Leon, née en 1942 dans le New Jersey, a exercé plusieurs métiers comme guide de voyage à Rome, rédactrice publicitaire à Londres et enseignante de littérature, notamment en Suisse, en Iran et en Arabie saoudite et de 1981 à 1999 dans une base de l’armée américaine située près de la Cité des Doges. C’est ici qu’elle a commencé à écrire des romans policiers.

    Son premier roman, Mort à la Fenice a été couronné par le prestigieux prix japonais Suntory, qui récompense les meilleurs suspenses.
    Elle vit à Venise depuis plus de vingt ans, ville où se situent ses intrigues policières. Les enquêtes du commissaire Brunetti ont conquis des millions de lecteurs à travers le monde et ont toutes été publiées aux éditions Calmann-Lévy en France.

  • Ce que Daniel Telliez en pense : Une très bonne nouvelle aventure du commissaire Brunetti, dans laquelle Donna Leon s’en prend à ses malfrats de prédilection : les escrocs qui abusent de la crédulité de leurs victimes. Elle avait déjà évoqué le problème des arnaques à plusieurs reprises mais ici c’est le sujet même du roman. Une histoire bien construite, des personnages complexes et des situations réalistes. On entre de plain pied dans le petit monde judiciaire vénitien, depuis le laboratoire de l’hôpital où officie le Docteur Rizzardi jusqu’aux audiences du palais de justice, où tout le monde se connaît, s’épie, s’aime ou se déteste. Le livre se traîne cependant un peu en longueur sur la première moitié. L’auteure profite de la lourdeur météorologique pour aborder des sujets qui lui sont sans aucune doute de plus en plus cher puisqu’ils prennent de plus en plus de place dans ses romans : elle dénonce bien sûr l’ampleur affolante du tourisme dans sa ville, Venise, mais dénonce également les malversations des politiques et en conséquence du désintéressement des italiens pour ceux-ci, des malversations des entrepreneurs et même de la corruption de la justice. Malgré ces caractéristiques qui laissent un sentiment de déjà lu, on se laisse emporter par la virtuosité de la plume et une certaine passion pour le sujet.

L’honorable société

Un roman inclassable.

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  • Le résumé de Daniel Telliez : À la veille de l’élection présidentielle, des cambrioleurs dérobent l’ordinateur de Benoît Soubise, responsable de la sécurité au Commissariat de l’énergie atomique. Les choses tournent mal, Soubise est tué. Mais une webcam a filmé toute la scène… Le commandant Pâris de la Brigade criminelle se lance sur la piste d’un groupuscule «écoterroriste», tandis qu’en haut lieu on le presse – un peu trop – de conclure son enquête. Prenez un homicide, par exemple celui d’un employé du Commissariat à l’énergie atomique et quel employé !, ajoutez un groupuscule éco-terroriste, des agents troubles, une femme trahie, un père inquiet pour sa fille unique, des policiers du Quai des Orfèvres, une grande patronne, des journalistes, des politiciens en campagne – tout cela se passe entre les deux tours de l’élection présidentielle.

    L’avenir stratégique et financier de l’industrie nucléaire française, Dominique Manotti et DOA, et vous obtenez une véritable affaire d’état… Ou presque. Comme toujours, toute ressemblance avec des personnes existant ou ayant existé est évidemment fortuite.

  • Les auteurs : Dominique Manotti a enseigné l’histoire économique contemporaine. Elle a reçu en 2010 le Trophée 813 pour Bien connu des services de police. DOA (Dead On Arrival) est romancier et scénariste, auteur à la Série Noire de Citoyens clandestins (Grand Prix de littérature policière 2007), du Serpent aux mille coupures et de Pukhtu, primo.
  • Ce que Daniel Telliez en pense : Un polar français de belle facture écris à quatre mains. L’histoire est réaliste, bien amenée et nous emmène faire un tour dans les arcanes du pouvoir. Politique ? Economique ? La frontière entre les deux est loin d’être nette. Sans parler du pouvoir judiciaire, intimement lié aux deux autres également. Un travail intéressant et intelligent de deux auteurs talentueux. Les petites histoires qui viennent construire la grande sont plus que réalistes, certaines ayant des relents d’une actualité pas si lointaine que ça…Magouilles, arnaques, corruption, lutte de pouvoirs, malversation, abus de biens sociaux, délits d’initiés, mensonges, duperies, meurtres… Toute ressemblance avec des personnages réels ne peut être que fortuite ! La vérité dépasse malheureusement bien souvent la fiction. Je le recommande vivement.

 

 

 

 

LA GUERRE DES MILLIONS

Un coup de coeur !

millions

  • Le résumé de Daniel Telliez : Un commercial parisien gagne le jackpot de l’Euro Millions… grâce à un SDF. Il va chercher à le remercier par tous les moyens possibles. Mais le passé de son bienfaiteur n’est pas forcément celui qu’il imagine.

 

  • L’auteur : Paul Ivoire. Né à Abidjan en 1968 – d’où son pseudonyme -, il a grandi en Champagne, puis en Bourgogne, une région dans laquelle il vit toujours et qui lui a inspiré son premier roman pour adultes.
    Il essaye d’écrire des histoires à « énergie positive » et attache toujours une grande importance au scénario dans la construction de ses récits.
    Les deux romans qu’il propose ont été rédigés dans le cadre des éditions 2015 et 2016 du Prix Nouveau Talent (Editions JC Lattès / Fondation Bouygues Telecom / Metronews).

 

  • Ce que Daniel Telliez en pense : Dénouement imprévisible jusqu’à la dernière page ! Agréable moment de lecture qui nous tient en haleine tout au long du livre avec une belle histoire à la clé. Quelle originalité ! Une histoire qui se passe dans nos petits villages… ca change des polars qui se passent toujours aux Etats Unis. Excellent moment de lecture auprès de ce premier roman d’un jeune auteur très talentueux et prometteur. Un véritable coup de coeur, je le recommande vivement !