SANS FIL, COMEDIE TELEPHONIQUE ET DIGITALE

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  • Le résumé de Daniel Telliez : Quatre protagonistes en pleine crise. Sara, récemment quittée, et sa fille Rosa règlent leurs comptes avec cet homme absent. Claudia, femme autoritaire, a substitué le travail à l’amour en assujettissant l’existence de Jan. Ces quatre destins vont se croiser à l’aéroport, cible d’un attentat terroriste. Si le sujet est grave, Sergi Belbel le traite sur le mode de la comédie. Par téléphones portables interposés, la communication est cahotante, les relations évoluent vite : on se parle ou on tente de le faire, en direct ou par messages, l’écran du mobile montre autant qu’il cache. Quoi de plus pratique qu’un sans-fil pour braver les non-dits et faire tomber les masques ? Avec cette  » comédie téléphonique et digitale « , l’auteur de Après la pluie propose une nouvelle pièce brillante où des situations du quotidien, en apparence anodines, révèlent le grotesque et la gravité des relations humaines.
  • L’auteur : Sergi Belbel est un dramaturge espagnol né le 29 mai 1963 à Terrassa en Catalogne. Il devient vraiment connu avec la pièce Caresses en 1992. Une année plus tard il écrit Après la pluie. En Février 2001, le Théâtre des Capucins créait  » Après la Pluie ». En 1994 il écrit Morir. De cette pièce est tirée le film de Ventura Pons Morir (o no), en 2000. Depuis 2006, Sergi Belbel est directeur du Théâtre National Catalan à Barcelone, mais surtout un auteur prolixe dont les pièces se jouent ici et là dans toute l’Europe.
  • Ce que Daniel Telliez en pense :

Extrait : CLAUDIA : Il faut que tu me jettes un coup d’oeil sur les portables dernière génération, ceux qui ne sont pas encore sur le marché. Le mien, c’est une vraie merde. Tu me l’as donné il y a trois mois et il est déjà dépassé. Il y a des tas de choses que mes amies peuvent faire avec les leurs et moi non. IMAGINE UN PEU LA HONTE ! Je ne peux pas me balader avec un machin pareil, tu comprends ça ? J’ai des amies quelconques et pourtant elles ont des téléphones bien meilleures que le mien, et ça, c’est INADMISSIBLE. Bref, tu sais ce qu’il te reste à faire, hein ? Tu m’entends ou pas ? !

Le téléphone, toujours et encore le téléphone, dans cette pièce tout passe par lui et rien ne lui échappe, enfin… presque. Les personnages s’y accrochent comme à une bouée dans un monde qui part à la dérive. le sous-titre de la pièce est assez trompeur, parce qu’il y a peu d’éléments qui prêtent à sourire, ne parlons même pas de rire. Les personnages évoluent dans un espace en transit ou seul ne compte que le déplacement, la circulation : bref, un aéroport international. Dans cette espèce de non-lieu, les personnages sont comme suspendus, l’environnement dans lequel ils évoluent leur est étranger. Tous les quatre n’ont que le smartphone pour exprimer leur désarroi, en parlant parfois à un interlocuteur et souvent à un serveur vocal, en écrivant ou photographiant. Pourtant des relations charnelles existent entre eux : mère/fille et fils/mère. le rythme de la pièce est nerveux plein de télescopages et de syncopes, les erreurs d’interprétations sont nombreuses entraînant une communication sur le mode paranoïaque. Le fil narratif de la pièce est difficile à suivre, car il est fait d’arrêts, de reprises, de superpositions, qui ne sont pas uniquement rendu par le jeu des répliques mais aussi par des indications scéniques nombreuses et fournies. En tout cas, le pari est intéressant : utiliser le grigri technologique emblématique de notre société comme moteur d’une action dramatique. A lire

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Premier appel du paradis

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  • Le résumé de Daniel Telliez : Le petit village de Coldwater, sur le lac Michigan, est le théâtre d’un véritable miracle. Un beau jour d’automne, le téléphone commence à sonner chez plusieurs de ses habitants.

    Tous les appels téléphoniques proviennent de personnes décédées. Au même moment, Sully Harding, condamné, sort de prison. Lors de son séjour derrière les barreaux, sa femme est morte. Il est désormais père célibataire. À son retour, il découvre un village en proie à une grande fièvre religieuse. Quand son propre fils ne vit plus que dans l’espoir d’un appel de sa mère, il est déterminé à prouver qu’il s’agit seulement d’une gigantesque supercherie. Mais est-ce bien le cas ?7

  • L’auteur : Mitch Albom est un écrivain, journaliste et animateur de télévision américain.

    Ses romans :
    – Morrie : une leçon de vie, 2003 : récit de moments passés avec sonancien professeur de sociologie, qu’il adaptera lui même au théâtre.
    – Les cinq personnes que j’ai rencontrées là-haut, 2003
    – La dernière leçon : Comment un vieil homme face à la mort m’a appris le goût de vivre, 2004
    – Pour un jour de plus, 2006

    Mitch Albom joue dans un groupe de rock, The Rock Bottom Remainders, avec d’autres écrivains : Stephen King, Dave Berry, Scott Turrow, Amy Tan et Ridley Pearson. Leur but est de réunir des fonds pour un programme d’alphabétisation. Après un diplôme en sociologie de la Brandeis University, Mitchell Albom poursuit des études de journalisme ainsi que d’administration des affaires à Columbia University. Il est brièvement pianiste, chanteur de night-club et boxeur amateur, avant de devenir journaliste au Detroit Free Press où, entre 1985 et 2000, il tient plusieurs rubriques sportives hebdomadaires tout en contribuant régulièrement à Playboy Magazine. Il anime également des émissions sportives sur les radios locales. En 1997, ‘Tuesdays With Morrie’, le récit des moments passés avec son ancien professeur souffrant de la maladie de Lou Gehrig, rencontre un tel succès qu’il figure pendant quatre ans sur la liste des best-sellers du New York Times et est adapté pour la télévision en 1999. En 2010 il apparaît dans le 9e épisode de la saison 21 des Simpson, Une leçon de vie.

  • Ce que Daniel Telliez en pense : Premier appel du paradis est un roman bien écrit, qui se lit facilement et avec plaisir.  Qui n’a jamais rêvé de pouvoir parler à un proche décédé ?
    C’est justement ce qui arrive à quelques habitants de la petite ville de Coldwater, dans le Michigan, par le biais d’étranges appels téléphoniques. le phénomène est vite récupéré par l’Église et par la presse. Bientôt, toute l’Amérique se passionne pour le « miracle » de Coldwater. J’avoue que l’on se laisse bien prendre au jeu de ce roman un peu énigmatique avec des personnages qui, à défaut d’être particulièrement attachants, ont suffisamment de caractère pour que l’on s’intéresse à leurs tribulations. Ensuite, il y a la dénonciation de la manipulation médiatique (et politique, et religieuse, et sociale) qui entoure toujours les événements sortant de l’ordinaire. Ce roman joue sur la corde sensible et l’espoir, avec un joli suspense mené jusqu’à la fin. le questionnement sur l’au-delà est un sujet porteur, certainement à l’origine du succès de ses ouvrages précédents. En filigrane, il commente les étapes de l’invention du téléphone par Graham Bell et ce rappel historique donne une belle résonance à l’histoire. le dosage est juste, si bien qu’à défaut de grande littérature, ce polar ésotérique s’avère efficace. C’est la simplicité de ce livre qui en fait sa force, il se lit comme un policier, on tourne les pages en espérant le coup de fil suivant, et pourtant il aborde des sujets qui reflètent nos espoirs mais aussi nos peurs. Je le recommande.

Last call

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  • Le résumé de Daniel Telliez : Il entre chez ses victimes sans effraction. À croire qu’elles lui ouvrent la porte avec un sourire et lui offrent un café avant de finir le crâne défoncé, le visage mutilé, un téléphone à la main. À qui font-elles suffisamment confiance pour oublier les verrous, les digicodes et les caméras de sécurité, sinon à un maître des faux-semblants ? L’inspecteur Joe Lucchesi, du département de la police de New York, est chargé de diriger l’enquête. Mais cette affaire ravive chez lui des blessures encore béantes : une fois, déjà, il a permis à un monstre de s’introduire dans son intimité, de meurtrir sa femme et son fils. Face au Visiteur, comme la presse surnomme le tueur qui terrifie les New-Yorkais, Joe Lucchesi n’a pas le droit de baisser la garde.
  • L’auteur : Diplômée en journalisme, Alex Barclay (de son vrai nom « Yve Williams ») a démarré sa carrière dans le monde de la mode et de la beauté.Elle a également exercé le métier de copywriter dans les plus grands studios de création avant d’écrire son premier roman, Darkhouse, best-seller international. Elle vit aujourd’hui dans la région de Dublin.
  • Ce que Daniel Telliez en pense : Last Call est la suite des aventures de Joe Lucchesi après le premier livre Darkhouse. La famille Lucchesi est revenu à New York meurtris par les événements ayant eu lieu en Irlande. L’inspecteur va devoir enquêter sur un tueur en série particulièrement violent qui mutile le visage de ces victimes avant de les achever. « A qui passeriez-vous votre dernier coup de fil ? »
    La couverture et le résumé étaient plein de promesses… malheureusement pas tenues lors de la lecture. Je n’ai pas accroché plus que ça à cette intrigue. Cela reste un thriller entendu, sans rien d’original et qui ne sort pas du lot. Bref, un polar qui ne restera pas dans mes annales, un souvenir déjà lointain…

Coups de fil

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  • Le résumé de Daniel Telliez : Le téléphone sonne.

    Quand il apprend la mort de Dan, Stu, anéanti, se laisse submerger par ses souvenirs. L’amour qu’il éprouve pour son frère est profond, le deuil insurmontable. De coups de fil en coups de fil, comme s’il tirait au hasard les photographies d’une vieille caisse de souvenirs, Dixon reconstitue le puzzle de la relation complexe qui unit les deux frères.

    Coups de fil est l’oeuvre d’un maître au sommet de son art, tissant la trame d’une famille sur plusieurs générations, par des détours à la fois intimes et infimes qui mènent à l’universel.Dans le style inimitable de Stephen Dixon, mélange de prose à la simplicité trompeuse et d’humour pince-sans-rire, ce roman est le portrait d’un amour fraternel d’une beauté rare.

  • L’auteur : Stephen Dixon est né à New York en 1936. Romancier et nouvelliste de renom, consacré par la critique comme écrivain majeur, son talent a été récompensé par de nombreux et prestigieux prix littéraires et par sa nomination au National BookAward, la distinction la plus honorifique aux États-Unis. Ses romans ont été publiés en France aux éditions Balland.
  • Ce que Daniel Telliez en pense : «Le téléphone sonne…»Ainsi débute Coups de fil, le douzième roman (paru en 2005 sous le titre Phone Rings) du prolifique Stephen Dixon qui, depuis Work (1977), en a publié quatorze, ainsi qu’une quantité impressionnante de nouvelles.

    Dixon a souvent utilisé comme point de départ à ses romans une péripétie dramatique qui détruit une famille, dont le passé se recompose à coups de flash-back, d’éclairs de mémoire. Coups de fil s’ouvre donc par une sonnerie téléphonique : Stu, enseignant sexagénaire, apprend la mort accidentelle de son frère aîné, Dan. Le lien qui unissait les deux frères était d’autant plus fort qu’ils étaient les seuls survivants d’une fratrie de quatre fils, tous plus ou moins écrivains, ou grands reporters. Stu se remémore les «coups de fil», parfois dramatiques, qui ont ponctué sa longue complicité avec Dan, et notamment l’annonce de la disparition des deux autres frères. Ainsi, au fil du rappel de sonneries passées, c’est tout une vie familiale qui se reconstitue, comme un puzzle en désordre, auquel toujours manqueront des pièces, qui aura toujours ses zones d’ombre.

    Lecture assez agréable. L’auteur parle avec justesse de ce qu’est une fratrie, et des liens qui perdurent, au-delà de tout. La construction est originale : le narrateur tente de reconstituer ce puzzle en se remémorant des échanges téléphoniques. J’ai cependant trouvé le tout un peu trop détaillé et surtout insipide. Il ne me laissera pas une trace indélébile.

 

 

SMS de Laurent Benégui

Parfait pour l’été. Divertissant et drôle. Un SMS et tout bascule…

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Le résumé de Daniel Telliez : « C’était un jour de tempête. La maison était inondée. Nathalie ne voulait plus faire l’amour. La banquière a appelé, hystérique, pour un découvert de 200 000 euros et l’école m’a prévenu que Milo avait une otite. Je suis allé le chercher. Au retour, je le portais dans les bras quand mon téléphone a sonné. Je me suis abrité pour décrocher. Là, j’ai reçu un grand coup sur la tête. Milo a hurlé. Je me suis défendu comme j’ai pu, mais les deux types ont arraché mon portable. Alors j’ai lâché mon fils. Et je me suis lancé à la poursuite des voleurs. Tout le monde vous le dira. Il ne faut jamais réagir comme ça. Mais il y avait cette fuite dans mon toit. L’entrepreneur qui n’arrivait pas. Les trafics de mon comptable. Et ce SMS, qui enjoignait ma femme de quitter son con de mari. J’ai pensé : « sans portable, je suis cuit ! ». J’étais sur les talons du jeune à capuche. J’avais tellement la rage que j’aurais survolé une finale olympique. J’allais rattraper mon agresseur quand il a traversé. Je l’ai suivi. Il y a eu un crissement de pneus. La grosse Audi a dérapé sur la chaussée détrempée et m’a renversé. Le conducteur a jailli, furieux parce que j’avais abîmé son capot. J’ai pris une décharge de Taser. J’étais allongé dans le caniveau, tétanisé, quand m’est venu à l’esprit que j’avais abandonné mon fils de 4 ans depuis dix minutes. Comme j’ai pu, je me suis traîné jusqu’à la porte cochère. Milo avait disparu. À cet instant précis, j’étais persuadé d’avoir touché le fond. Mais honnêtement, si j’avais su comment allait se dérouler la suite de la semaine, j’aurai pris ça pour un échantillon de bonheur. »

Ce que Daniel Telliez en a pensé : Certes, ce n’est pas de la grande littérature. J’ai cependant passé un très bon moment. C’est loufoque, drôle, on sourit sur le malheur des autres. C’est invraisemblable mais distrayant. Une bonne lecture de vacances ou pour oublier ses problèmes.